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sept 10

Comment esquiver la mafia du volcan Batur ?

Le mont Batur est une des étapes incontournables de Bali. Un site idyllique composé d’un volcan actif culminant à 1700 m d’altitude et d’un lac d’eau douce à l’intérieur d’un gigantesque cratère. Le site attire de nombreux randonneurs qui souhaitent en gravir le sommet, seulement voilà, les habitants du coin se sont appropriés le lieu et ont créé une obscure organisation qui en gère l’accès. Welcome to Batur Volcano, ça fait plaisir d‘être bien reçus !

A peine arrivés, des rabatteurs nous accostent pour nous proposer différentes formules de trek. Pourquoi pas messieurs mais on préfère d’abord trouver une chambre où dormir ce soir. Certains nous suivent pendant qu’on fait le tour des hôtels, prétextant vouloir nous aider, c’est louche. Une fois installés, on prend quelques informations autour de nous : il semblerait que le site soit dangereux dû aux possibles éruptions de lave mais surtout que c’est un lieu sacré pour les balinais qui viennent y effectuer des pèlerinages. Nous comprenons ces prérogatives c’est pourquoi nous rentrons en contact avec des guides de l’organisation. Plusieurs choix s’offre à nous :
– Ascension de nuit jusqu’au sommet pour apprécier le lever du soleil sur le volcan (1h30 de montée) à 45$,
– Ascension + tour du cratère à 60$,
– Ascension d’une partie du volcan seulement à 35$ (prix par personne).
Ces tarifs nous paraissent astronomiques pour le pays. En consultant différentes personnes dans le village, on se rend compte que tout le monde se prétend « guide » mais qu’aucun ne pratique les mêmes tarifs. Comble de l’absurdité, c’est même négociable et on parvient facilement à des prix divisé par 4. Dès lors, nous sommes de plus en plus sceptiques. Pourquoi notre sécurité n’a-t-elle pas la même valeur ? Quelles sont donc les différences entre les « guides » les plus onéreux et ceux qui proposent des prix cassés ?

En creusant le sujet, on comprend que personne n’a réellement de statut officiel de guide et par conséquent aucune assurance en cas de problème. C’est clairement une arnaque à touristes. S’en est trop pour nous, le lendemain on décide de se la faire en solo. L’ascension ne dure qu’une heure, le chemin dénudé monte à pic en direction du sommet et nous le voyons en ligne de mire, il ne devrait pas y avoir de problème. Seulement voilà, les habitants nous voyant traverser le village équipés comme des montagnards, décident de nous barrer la route au départ du sentier. S’en suit une discussion houleuse, presque menaçante où nous comprenons que nous ne passerons pas sans laisser de commission. Plus question de sécurité cette fois dans leur discours, les garants de la montagne sacrée sont prêts à négliger leur « règlement » pour un bakchich (5 dollars par personne).
Il est 11h, nous voilà débarrassés des contraintes, place au spectacle. La montée est difficile sur ce chemin de sable mais une fois au sommet, quel bonheur d’être seuls pour admirer ce spectacle grandiose. D’un côté un cratère d’où s’échappe des fumerolles avec en contrebas d’immenses coulées de laves de différentes couleurs, et de l’autre un lac de couleur turquoise encerclé par un autre cratère. On profite 2 heures de ce bonheur «  à prix cassé » en faisant le tour du cratère, Julie essaie de contrôler son vertige car certaines arrêtes tombent à pic et la descente dans les cendres est très fun, on court en s’enfonçant jusqu’aux chevilles.

Une journée bien remplie qui se termine aux sources d’eau chaude dans le village. Mais à peine arrivés, des locaux nous défient du regard en fumant des cigares dans leur jacuzzi, un regard particulièrement insistant envers les filles en maillot de bain. On ne se sent pas très à l’aise et pour cause, certains ont des armes type kalachnikov à côté du bassin. Nous décidons de ne pas nous attarder ici…
Un épisode qui clôt notre opinion sur cette organisation mafieuse qui tient les portes de ce volcan sacrée, une mafia garante de la sécurité des randonneurs grâce à des Kalachnikovs !