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mai 01

L´Amazonie, un paradis difficile à apprivoiser

La Bolivie est souvent synonyme de hauts plateaux arides, de montagnes enneigées et de villes perchées à plus de 3000 mètres d’altitude. Pourtant une grande partie de son territoire est composée de jungle appartenant à l’Amazonie, une zone vierge grande comme 8 fois la France. Un territoire hostile où l’homme cohabite avec des animaux dangereux et des oiseaux multicolores ; une terre fertile où abondent toutes sortes de plantes et fruits exotiques ; une forêt luxuriante où coulent des rivières miraculeuses gorgées de poissons… Bienvenue en Amazonie, un paradis difficile à apprivoiser.

Bella Vista, un village isolé du reste du monde
Après un accès des plus épique (voir article précédent), nous arrivons à Bella Vista, un petit village perdu dans la jungle, au nord de Trinidad. À peine débarqués, tous les regards sont tournés vers nous. Les habitants sont intrigués par notre présence qui semble exceptionnelle, mais nous offrent un accueil des plus chaleureux ; tout comme les moustiques, ravis de voir débarquer du sang neuf !
Nous découvrons un village charmant où les habitants y coulent une vie précaire mais heureuse : l’électricité ne fonctionne qu’une partie de la journée, mais peu importe ; les lessives se font dans la rivière mais sont du coup l’occasion d’un bain rafraichissant. Une vie tranquille où le temps s’écoule doucement rythmé par les ravitaillements alimentaires bi-hebdomadaire effectués par avion. Suivant les arrivages, pas toujours réguliers, le choix est limité dans les échoppes et sur les cartes des restaurants ; inutile de demander un dessert, vous provoquerez l’euphorie du propriétaire ! Quoi que vous pouvez toujours tenter votre chance chez le coiffeur, qui s’improvise aussi pâtissier et salle de billard !

Une nature généreuse mais hostile
Nous faisons rapidement la connaissance de Claude, un français installé dans le village depuis 13 ans. Il est tombé amoureux du coin et prend plaisir à nous raconter son quotidien. Un quotidien atypique dans une nature généreuse où l’on cueille les pamplemousses, les mangues et le chocolat directement sur l’arbre. Mais la nature est aussi hostile et parfois dangereuse ; mieux vaut sortir armé pour se promener dans les vergers au cas où un jaguar pointerait le bout de son nez. Il est fréquent pour Claude de retrouver dans son jardin des anacondas de 9 mètres venus se régaler de ses poules, ou encore des crocodiles en train de se faire dorer la pilule. Sans parler des autres tarentules, vipères volantes, piranhas, cafards géants, ou encore des fourmis voraces, capables de dévorer intégralement une chemise en quelques heures.

À la recherche d’une faune sauvage
Lors de notre passage, nous avons voulu explorer les environs. Nous avons fait appel à Ricardo, un guide qui nous a emmené en barque sur le río San Martin jusqu’au Cerro Oricoré, une colline dominant toute la réserve Itenez et offrant un panorama à perte de vue sur la jungle et la pampa. Malheureusement, la saison des pluies venant tout juste de se terminer, ce n’était pas la meilleure période pour voir des animaux. Ceux-ci étant plus visibles en Août-Septembre lorsque le niveau de l’eau est bas et qu’ils viennent s’abreuver à la rivière. On a tout de même aperçus quelques dauphins d’eau douce, toucans, singes, tortues, capibaras (…) et de nombreux oiseaux impossible à nommer.
Dans un premier temps, on a été déçus de ne pas voir de bestioles dangereuses mais soulagés ensuite lorsque nous avons appris que dans d’autres lieux comme à Rurrenabaque, les animaux étaient nourris par les agences de voyage. Celles-ci garantissent aux touristes de voir des crocodiles, des serpents, de nager avec des dauphins en leur vendant une « aventure au cœur de la jungle ». Un tourisme de masse venu voir la faune sauvage mais finalement peu respectueux de la vie animale. Heureusement le parc national Madidi autour de Rurrenabaque est une zone protégée et la plupart des agences en sont interdites d’accès, les obligeant à exercer leur pratique ailleurs. Naturellement nous avons choisi de boycotter ces tours qui s’apparentent finalement plus à une visite de zoo.

Bella Vista restera pour nous une expérience unique où nous avons découvert des paysages de jungle uniques, jamais traversés depuis le début de notre voyage. Un monde hors norme où l’homme a su trouver son équilibre, un équilibre préservé jusqu’au jour où le tourisme de masse viendra le perturber.

2 commentaires

  1. GARDET

    Excellent, avec ta barbe à ton retour, tu pourras aller faire le père Noël à l’école maternelle de Gilly ;o) !
    Éclatez vous bien, vous me donné envie !!! bisous take care

  2. Fabien

    Salut Julie et Guillaume!
    Très sympa votre blog! Il est agréable, pas lourd, des photos, des tips…
    Je suis tombé sur cet article en faisant une recherche sur l’Amazonie.
    Je dirais que je suis – un peu – en partie d’accord en ce qui concerne Rurrenabaque. En fait en ce qui concerne les excursions appelées « Pampa ». Il est vrai que les touristes/ backpackers se concentrent sur le bord des rives où vit une faune assez dense (dauphins, croco, caipibaras etc). On peut effectivement avoir une certaine impression de « disneylandisation ». C’est vrai qu’on va « nager » avec les dauphins, et débusquer l’anaconda… Mais honnêtement, pour l’avoir fait, c’est quand même très sympa même si c’est pas non plus la grande aventure. Je n’ai vu personne nourrir les animaux, sauf quand on est allé pêcher les piranhas ;-).
    J’ai aussi fait un trek dans la jungle dans le Parc Madidi… Ca c’était carrément ouf. On part de Rurrenabaque, à 2 heures en lancha, pour arriver chez une communauté, dans laquelle on campe, légèrement isolé du reste des gens, qu’on croise finalement assez peu. Du coup, on ne les dérange pas dans leur quotidien et le petit groupe qu’on était en prenait malgré tout plein les yeux. De là, nous sommes partis 4 jours en pleine jungle avec un guide et une « cuisto ». Nous étions un groupe de 4 personnes. Super super authentique, on marchait environ 5 heures par jour et là c’est clairement l’aventure! Rien d’attrape touriste, pas de « zoo ». En tout cas pour ce que j’ai vu.
    Voila c’était le petit bémol que je souhaitais commentait en toute humilité :-).
    Je suis un passionné de trek et de jungle, et je viens de lancer mon site: gayatrek.com. Il présente différentes excursions et trekkings en pleine jungle dans différents pays (Bolivie, Pérou, Equateur et Guatemala). Allez jeter un oeil et dites moi si ça vous inspire! :-)
    La jungle est un milieu à la fois fascinant, mystérieux et qui force le respect… Une expérience qui doit être vécue pour pouvoir la comprendre…
    Très bonne continuation à vous!
    Abrazo!

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