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oct 18

Roraima, une montagne sacrée au cœur de la Grande Savane

La Gran Sabana est une vaste région au sud-est du Venezuela qui borde le Brésil et la Guyane. Sur des kilomètres s’étendent de grandes plaines sauvages avec ici et là d’immenses formations rocheuses venant casser la ligne d’horizon infinie. Ces blocs minérales, appelés Tepuys, sont de véritables montagnes sacrées pour les populations indigènes locales qui leur vouent de nombreuses croyances. Ceux-ci sont par conséquent interdits d’accès à l’exception du Tepuy Roraima qu’il est possible de grimper accompagné d’un guide (obligatoire). Telle une bloc massif planté au milieu de la savane, Roraima est une montagne tabulaire d´une trentaine de km² avec de grandes falaises rectilignes atteignant 1000 mètres de hauteur et soutenant un plateau sommitale culminant à 2810 mètres d’altitude.

Voir les infos pratiques pour organiser le trek sans agence

Infos pratiques :

Pour y accéder, compter au moins 5 jours de trek (la plupart des agences proposent des tours de 6 à 9 jours) depuis la communauté indigène de Paraitepuy. Comme on n’aime pas les tours organisés ni les intermédiaires, on a évité de passer par une agence et nous nous sommes directement rendu au village de San Francisco de Yuruani où nous avons contracter un guide pour 500 BvF/jour (10 €).
On a aussi minimiser les coûts en choisissant d’emporter nous-même notre nourriture évitant ainsi de contracter un porteur et un cuisinier.
Nous nous sommes ensuite rendu au départ du trek (Paraitepuy) en moto pour 250 BvF/personne (5 €) depuis San Francisco de Yuruani.

Au total le trek nous a coûté 4100 BvF (42 €) tout compris pour 2 personnes/5 jours, contre 10000 BvF (200 €) pour 2 personnes en passant par une agence.

De plus on a eu le privilège d’avoir un guide privée pour nous deux, modulant le programme à la carte en fonction de nos envies.
Il est aussi possible de contracter un guide directement dans la communauté de Paraitepuy et de dormir sur l’aire de camping gratuit. (avec toilettes et douches). Dans ce cas, prévoir sa nourriture pour le trek car il n’y a quasiment rien pour faire les courses dans le village.
À noter qu’il est toujours possible de d’éviter les gardes du parc pour faire la randonnée sans guide, mais si il est facile de suivre le chemin pour arriver au sommet de la montagne, le plateau est un véritable désert dans lequel on se perd facilement. Il sera aussi difficile de trouver les différents points à visiter dans ce labyrinthe.

Déroulé :

Bien qu’on ait été les seuls randonneurs à porter notre équipement et notre nourriture, on a doublé les deux premières étapes pour dormir au camp de base le premier soir, squeezant ainsi le campamento Rio Tek. Le lendemain on a avalé les 1000 mètres de dénivelé de pente abrupte qui mènent au plateau en 2h45 laissant derrière nous bon nombre de marcheurs sur-équipés de la tête au pied mais essoufflés dès les premières difficultés. On a passé ensuite 2 jours et 2 nuits à profiter du sommet de la montagne qui s’apparente à un désert de roche noir avec des falaises abruptes de toutes parts d’où on a une vue plongeante sur la Grande Savane et les 2 pays voisins, le Brésil et la Guyane. D’ailleurs c’est au sommet de cette montagne, à « Tripoint » plus exactement, qu’il y a la frontière symbolique entre ces 3 pays.
Pour éviter de porter trop de poids, on a pris le strict minimum de nourriture mais il faut l’avouer, parfois on a frôlé l’hypoglycémie. Ainsi les repas du midi se composaient de cassabe (pain sec indigène à base de manioc) accompagné d’une demi boite de sardine, d’une demie tomate et d’un quart de concombre par personne ; d’une ration de pâtes au thon avec du fromage le soir ; et du cassabe au miel avec de l’avoine pour le petit-déjeuné ; le tout accompagné de quelques biscuits pour le dessert. Un régime drastique insuffisant pour l’effort fourni.
Le dernier jour, on a triplé l’étape qui était prévue à la base pour rejoindre directement la sortie du trek, à Paraitepuy, au terme d’une longue et interminable descente de 10 heures pour achever les 22 kilomètres. On a ensuite posé la tente sur l’aire de camping gratuit près de la cabane de Inparque où on a apprécié les toilettes et la douche. Le lendemain, on a donné rendez-vous à nos motos pour un retour à San Francisco de Yuruani.

C’est ainsi qu’on achève notre trente-cinquième trek, sûrement le dernier, car on rejoint à présent la côte Caraïbe. Roraima : una aventura bien bonita comme dirait Pedro notre guide !

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