Bilbao : entre histoire et modernité
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Azkuna Zentroa, Bilbao.
Barrio burgués du XIX
Le Ensanche est né lorsque Bilbao a décidé de s’inspirer des grandes capitales européennes. Le pont de l’Arenal marque la transition entre le tracé médiéval et celui, plus ambitieux, du XIXème siècle, avec ses rues larges conçues avec une lisibilité géométrique. Au départ de la Plaza Circular, dominée par la sculpture du fondateur de la ville, commence la Gran Vía de Don Diego López de Haro, souvent appelée simplement Gran Vía. Ce boulevard regorge de bâtiments modernistes, commerces, banques et terrasses où flâner devient un véritable art.
En s’écartant vers les jardins d’Albia, on découvre un havre de paix au milieu d’un feuillage luxuriant, où la statue de l’écrivain Antonio Trueba veille discrètement. En levant la tête, on aperçoit Mercure couronnant l’ancienne siège du Banco de Vizcaya, symbole d’un Bilbao commerçant. Plus loin, le Palais de la Députation impose son autorité avec sa balustrade majestueuse, avant que la Gran Vía ne s’élargisse entièrement en Plaza Moyúa, concentré de l’élégance de la ville.
Dans ce lieu, l’hôtel Carlton représente bruyamment le style de la fin de l’époque du Second Empire français, tandis que le Palais Chávarri étonne avec sa façade flamande aux fenêtres disparates. En arpentant les rues, une pause s’impose (pour un pintxo ?) à El Globo, où un gratiné de txangurro ou de chipirón ravira les papilles, ou à El Eme, célèbre pour ses triangles bien garnis. Le chemin se termine place du Sagrado Corazón, là où la ville s’ouvre sur le parc de Casilda Iturrizar, affectueusement surnommé de Doña Casilda, dont les étangs et allées arborées offrent un équilibre verdoyant à l’urbanité.

Palacio Chávarri, un bâtiment de style flamenco à Bilbao.
El Botxo
Bilbao est souvent affectueusement appelée el Botxo par ses habitants. Ce terme renvoie à un « trou » ou « cuve » naturel dans lequel se niche la ville, entourée de montagnes. Populaire depuis le XIXème siècle, cette expression a été mise en avant par Emiliano de Arriaga dans son Lexicón etimológico, naturalista y popular del bilbaíno neto et fortifiée par Miguel de Unamuno grâce à ses écrits, comme Mi Bochito. Il écrivait que dans le langage local, « bocho » signifie un trou dans le sol, semblable à celui qu’on creuse pour jouer aux billes.
Pour mieux saisir cette essence, une montée vers un mirador s’impose. Depuis Artxanda, la ville s’étend tel un amphithéâtre, où la rivière dessine une trame et les ponts relient ses rives. Le Parc Etxebarria fournit une perspective différente : ici, le Casco Viejo et l’Ensanche se distinguent comme des chapitres d’une histoire en évolution. Plus loin, à Kobetas, le panorama s’épanouit et rappelle que Bilbao, sous ses divers visages – médiéval, du XIXème siècle, moderniste, industriel ou contemporain – est étreinte par la nature qui l’entoure.






