C’est le seul village excommunié d’Espagne

Laurie Spongerro

Découverte de Trasmoz : Entre légende et histoire

Trasmoz, ce nom résonne comme une invitation au mystère. Perchée à 765 mètres d’altitude, cette petite localité se niche au pied du Moncayo, dans la province de Zaragoza. Étonnamment, Trasmoz est le seul village en Espagne à avoir été excommunié par l’Église catholique, une particularité qui ne laisse pas indifférent ceux qui s’y aventurent. On raconte que derrière cette excommunication se cache une légende de malédiction. Mais comment cette communauté a-t-elle traversé les siècles et réussi à préserver son histoire si captivante ?

Le conflit originel : débats et excommunication

Pour comprendre le présent de Trasmoz, il faut d’abord plonger dans son passé. En 1255, un conflit entre le village et Andrés de Tudela, l’abbé du Monastère de Veruela, a mis le feu aux poudres. Ce dernier s’est opposé aux villageois sur des questions d’approvisionnement en bois. En conséquence, il a décidé d’excommunier Trasmoz, la condamnant à vivre en marge de la foi catholique. À ce jour, la seule personne capable de lever cette excommunication serait le Pape Léon XIV, mais cela reste de l’ordre de la légende.

Un nouvel affrontement presque trois cents ans plus tard

Le climat de tension s’est ravivé en 1511. Cette fois, l’affrontement a eu lieu à propos de l’eau. Pedro Manuel Ximénez de Urrea, le seigneur local, a eu un vif échange avec l’abbé, se plaignant de l’interférence des moines dans le cours des rivières qui alimentaient les terres des habitants. Ce conflit a même fait des vagues aux Cortes d’Aragon, avec un dénouement en faveur de Ximénez. Pourtant, la paix était loin d’être restaurée, et Trasmoz a de nouveau connu une malédiction.

Se dresse sur un rocher sous lequel elle s’accroche dans les pentes

Des figures littéraires au cœur de Trasmoz

Le célèbre poète Gustavo Adolfo Bécquer a trouvé refuge au Monastère de Veruela au milieu du XIXe siècle. Là, dans ce cadre retiré, il a écrit des parties de ses lettres Depuis Ma Celda, dans lesquelles il évoque souvent Trasmoz. Un autre personnage emblématique, Manuel Jalón, l’inventeur de la serpillière, a également marqué ce village en y acquérant un château et en fondant la Fondation Château de Trasmoz dans les années 1980. Qui aurait cru que Trasmoz abriterait autant de talents ?

Trasmoz aujourd’hui : entre tourisme et légendes

Malgré ce lourd héritage de malédictions et de conflits, Trasmoz séduit aujourd’hui des milliers de visiteurs. En flânant dans les rues du village, on peut emprunter le chemin menant à la tour, qui offre une vue imprenable sur le paysage environnant. Le musée local présente une fascinante collection d’objets découverts lors des fouilles, témoignant d’un passé riche. La Fête des Sorcières et le Musée de la Sorcellerie mettent en lumière l’irrésistible attrait de cette atmosphère mystique, où l’histoire se mêle à la légende.

En somme, Trasmoz n’est pas simplement un village; c’est un lieu chargé d’histoires et de révélations. Que l’on soit passionné de légendes ou simplement en quête d’un cadre pittoresque, Trasmoz promet une immersion dans un passé fascinant. Cela donne envie de s’y plonger, n’est-ce pas ?

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