Devenu une source d’inspiration pour les photographes

Jade Manson

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A Paicega : un village de mémoire en Asturies

À la moitié du XXe siècle, le cours du fleuve Navia a été interrompu par un projet juridique qui a radicalement changé son paysage. L’objectif était de construire un barrage afin de canaliser ses eaux et d’en faire une source d’électricité. C’est ainsi qu’entre les années 1940 et 1950, des travaux titanesques ont débuté, façonnant à jamais la région asturienne en laissant derrière eux la plus grande retenue d’eau d’Espagne et l’une des plus grandes d’Europe, mesurant 250 mètres de long en haut et s’élevant à 132 mètres de hauteur. Pour réaliser ce projet, des centaines de travailleurs ont quitté leur foyer pour s’installer dans le concejo de Pezós et ses communes environnantes, transformant ce coin de terre en un véritable chantier vibrant de vie. Bien que le silence règne désormais sur les lieux, il est encore possible d’imaginer l’effervescence qui animait jadis ces terres, aujourd’hui marquées par l’abandon.

Un monument à l’effort collectif

A Paicega, Asturias

Ce village, aujourd’hui déserté, a été le foyer de milliers de travailleurs venus participer à la construction du barrage de Grandas de Salime. Plus de 3 000 ouvriers, venus des quatre coins de l’Espagne, ont posé leurs bagages et ont contribué à cette énorme œuvre. En plus de la mise en place d’un téléphérique de 40 kilomètres pour transporter les matériaux, quatre villages ont été édifiés – Vista Alegre, El Campín del Segundo Plano, Eritaña et A Paicega – pour accueillir cette main-d’œuvre, mais ils ont été abandonnés dès l’inauguration du barrage en 1955. Aujourd’hui, les vestiges de ces lieux témoignent d’une histoire riche, chaque pierre racontant le progrès d’une époque. C’est surtout A Paicega qui garde le souvenir le plus vivant de ce passé, étant autrefois le village le plus important de tous.

Une communauté autonome

A Paicega, Asturias

Au sommet de sa gloire, A Paicega était une communauté autosuffisante. On y trouvait des maisons, une école, une boulangerie, un réfectoire, et même un salon de coiffure. Les personnes qui s’y étaient installées avaient fait de ce village leur domicile pendant près de dix ans. Aujourd’hui, il ne reste presque plus rien, si ce n’est quelques pierres, tuiles et fenêtres, témoins d’une existence passée. La seule exception est l’église, qui a été restaurée, depuis sa consécration en 1948 à la Vierge de la Lumière, et qui sert désormais d’espace culturel digne de ce nom.

Se dresse sur un rocher sous lequel elle s’accroche dans les pentes

Un décor réhabilité pour les photographes

A Paicega, Asturias

Avec le temps, la nature a lentement envahi les ruines de ce village, transformant les murs en un paysage poétique. Cela a attiré de nombreux photographes en quête du parfait cliché, en particulier grâce à l’une des vieilles maisons dont la fenêtre en ruine forme un cadre idéal sur les panoramas environnants. Le village de A Paicega est devenu une destination prisée pour ceux qui cherchent à capturer l’essence d’une histoire marquante.

À pied vers le passé

A Paicega, Asturias

Pour tous les passionnés de nature, les alentours de A Paicega offrent de magnifiques itinéraires de randonnée. Une des routes relie Pezós, la commune principale, au village abandonné en un parcours d’environ deux heures et vingt minutes. Après avoir garé votre véhicule, un sentier ombragé par de majestueux chênes et châtaigniers vous mène jusqu’à un croisement où il vous faudra tourner à droite. En poursuivant votre chemin, vous découvrirez de magnifiques paysages, où la biodiversité libre semble vous accueillir. Au fil des pas, vous traverserez des pleines d’arbres centenaires qui ajoutent au charme du lieu et rappellent les souvenirs d’une vie commune qui ne se relèvera jamais.

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