À la découverte de la ville morte de Portugal
En s’élevant légèrement sur une colline dans le nord du Portugal, on découvre un site empreint de mystère. Les formes géométriques de ses anciennes constructions, visibles depuis le ciel, évoquent une installation artistique contemporaine. Pourtant, ces vestiges ne sont pas l’œuvre d’un artiste moderne, mais les souvenirs des civilisations gallaïques et romaines qui décidèrent de s’établir ici il y a près de deux millénaires.
La réalité de Castro de Monte Mozinho

Les vestiges des constructions romaines à Castro de Monte Mozinho témoignent de la richesse de cette symbiose architecturale. Lorsqu’un chercheur a foulé pour la première fois cette colline de plus de quatre cents mètres d’altitude en 1919, il a désigné ce lieu comme la « Cidade Morta ». Imaginez un instant : ces vingt hectares de murs effondrés, vestiges d’un passé vibrant, dévoilent une acropole sans vie, ressemblant à un amphithéâtre abandonné.
Un siècle plus tard, cette région, à proximité du municipalité de Penafiel, conserve les secrets de Monte Mozinho. La vue depuis le sommet offre une perspective inégalée sur les sierras de Marão et le vallée du rio Cavalum, une artère verte reliant un passé enfoui à notre présent. Ce site contrôlait stratégiquement une route ancienne reliant le nord au río Duero, justifiant le choix des romains et gallaïques pour y ériger l’un des plus grands centres de la culture castreña en Péninsule Ibérique.
Le charme de la mélancolie

En pénétrant dans cet espace, une mélancolie étrange, semblable à celle ressentie par le chercheur d’antan, s’empare de vous. La sculpture d’un guerrier gallaïque monté à cheval, jadis gardienne de l’entrée principale, a été déplacée vers un musée. Édifiée à la fin du Ier siècle av. J.-C., après les conquêtes d’Auguste, cette ville a prospéré pendant cinq siècles.
Les fouilles révèlent une coexistence fascinante entre tradition castreña et modernité romaine : des maisons circulaires juxtaposées à des constructions carrées, des thermes publics côtoyant des habitations où l’on cuisinait du pain au feu de bois. Ces découvertes interculturelles témoignent d’une riche hétérogénéité, faisant de Monte Mozinho un carrefour de cultures. Les nécropoles mises au jour en 2004 ont révélé des sépultures contenant des objets tels que des céramiques importées, soulignant la vie de ces ancêtres.
Ce site, dont le nom originel demeure un mystère, suscite des questionnements. Les inscriptions retrouvées sur les récipients – des noms, des symboles, des croix rudimentaires – sont les rares vestiges des pensées et des émotions de ceux qui ont foulé cette terre. L’année 2019 a célébré le centenaire de sa redécouverte, avec un marathon virtuel d’archéologie permettant de redonner vie aux routines quotidiennes de cette « ville morte ».
Au-delà des vestiges, c’est dans le silence des lieux que l’on ressent l’histoire. Quelles histoires ces murs pourraient-ils raconter ? La mort a sublimement ramené la vie à Monte Mozinho, invitant le visiteur à redécouvrir un passé vibrant et complexe.






