Le monde est un livre, et ceux qui ne voyagent pas ne lisent qu’une page

Matthieu Moulin

Voyager selon San Agustin

Qui n’a jamais voyagé limite sa perception du monde. Découvrir de nouveaux horizons, rencontrer des lieux inattendus et établir des connexions avec d’autres cultures enrichit notre compréhension.

Suivre la route de San Agustin

En l’an 370, San Agustin se retrouve à Carthage, une ville surnommée la seconde Rome. Reconstruite par l’Empire romain, Carthage est un lieu où se mêlent influences africaines, latines et orientales. En quittant Tagaste, sa ville natale, il se retrouve plongé dans un univers totalement différent. Les rues regorgent d’incense, de spectacles, de luxe, et de mille tentations.

(On dit souvent que le voyage est une école de vie. San Agustin l’a bien compris. Il a pensé que le véritable voyage traverse aussi les méandres de l’esprit.) C’est dans cette ville qu’il conçoit son fils, Adeodato, et embrasse la secte manichéenne, en quête de vérités.

Le site archéologique de Carthage, aujourd’hui Patrimoine mondial de l’UNESCO, témoigne de son riche passé et expose des vestiges fascinants de l’époque punique et romaine. Même si le temps a effacé beaucoup de ce qui fascinait San Agustin, des traces de sa grandeur subsistent.

En route vers Rome

Après Carthage, San Agustin met le cap sur Rome. Cette ville, cœur de l’Empire, l’accueille dans un tumulte de richesse et d’opulence. Il aspire à devenir maître orateur, mais l’air est chargé d’une certaine mélancolie, les colonnes corinthiennes côtoyant les ombres d’un empire en déclin.

Les scènes de vie vibrantes se mêlent à un passé glorieux. Les marchés, remplis d’avocats et de marchands, se heurtent à la spiritualité croissante des premiers chrétiens. C’est dans cette dualité que San Agustin commence à trouver son chemin.

Se dresse sur un rocher sous lequel elle s’accroche dans les pentes

La rencontre avec Ambroise

À Rome, San Agustin découvre Ambroise, un homme dont le charisme va profondément l’influencer. Milaan, au cœur de l’Empire, devient le théâtre de son éveil spirituel. Les décisions politiques s’y prennent, mais les débats spirituels y foisonnent également.

Le brillant pasteur attire San Agustin vers une foi nouvelle, émergeant entre les murs de la ville. Cela souligne à quel point les séjours peuvent changer une vie, ou même en définir le sens. Les échos des sermons d’Ambroise résonnent encore dans les ruelles de Milaan.

Le dernier voyage de San Agustin

Avec l’ardeur du disciple, San Agustin s’installe temporairement à Cassiciacum pour contempler et étudier. Accompagné de sa mère, Sainte Monique, et de son fils, il recherche une vérité qu’il a toujours voulue.

Son pèlerinage le mènera finalement à Hipona, actuelle Annaba en Algérie. Ordonné prêtre, il passera ses dernières années là-bas, scrutant la sagesse des voyages qu’il avait entrepris toute sa vie.

Dans son introspection, il écrira : “Voyager, c’est admirer la beauté du monde, mais caleçoit la chance d’aimer et de se connaître soi-même.” Cette proximité avec soi passe par une ouverture d’esprit. Ultimement, le voyage transforme de l’intérieur.

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