L’incroyable « Escorial des Asturies » avec une cave rénovée

Laurie Spongerro

Cangas de Narcea : l’esplendeur de l’Asturies

Cangas de Narcea, le plus vaste concejo des Asturies, se distingue par sa nature luxuriante. Une grande partie de son territoire fait partie du Parc Naturel des Sources du Narcea, Degaña et Ibias. Connue pour ses terres fertiles et son microclimat clément, la région abrite des vignobles de haute montagne. En flânant dans ses villages, certains exemplaires, on découvre le cadre parfait pour une escapade relaxante.

Au sein de Corias, sur la rive droite du río Narcea, un pont en pierre datant du XIVe siècle relie ce hameau à la population locale. C’est ici que se trouve un monument emblématique : un monastère parfois surnommé l’« Escorial des Asturies », en référence à sa remarquable architecture. Depuis 2013, il accueille un Parador National.

La histoire du « Escorial des Asturies »

Monastère de San Juan Bautista de Corias

Fondé au milieu du XIe siècle par deux nobles asturiens, les comtes Piniolo et Aldonza, le monastère de San Juan Bautista a vu le jour avec une communauté initiale de douze moines. Sous la direction des fondateurs, il s’est développé grâce aux dons de rois et de particuliers. En 1113, une seconde église romane plus vaste a été consacrée, remplaçant la primitive dédiée à Santa María.

Au XVIe siècle, une grande réforme a donné naissance à une nouvelle église de style renaissance, conçue selon les principes de Juan de Herrera, avec sa croix latine et un chœur spacieux. Malheureusement, un incendie au XVIIIe siècle a ravagé l’établissement, épargnant presque uniquement l’église, la bibliothèque et la sacristie. (On peut facilement imaginer l’atmosphère solennelle qui devait régner alors.)

La restauration a été menée par l’architecte Miguel Ferro Caaveiro avec la supervision de Ventura Rodríguez. Entre 1774 et 1808, le monumental bâtiment néoclassique que l’on admire aujourd’hui a été édifié. Sa façade extérieure se distingue par une décorativité sobre, troublée seulement par deux portes latérales et quelques fenêtres.

En 1835, les moines furent expulsés suite à la désamortissement de Mendizábal, et l’édifice tomba alors dans l’oubli. Ce n’est qu’en 1860 qu’il passa sous la gestion d’une communauté de Pères Dominicains, qui est toujours active. En 2002, le Principauté des Asturies a acquis une grande partie des locaux pour en faire un établissement hôtelier.

Un hébergement avec des inquilinaires fixes

Monastère de San Juan Bautista de Corias

Le Parador de Corias, ouvert depuis 2013, est unique en son genre. Ici, les visiteurs partagent l’espace avec des moines qui gèrent l’église adjacente. Ce lieu, classé Bien d’Intérêt Culturel en 1982, abrite un musée au sous-sol, où sont exposés les vestiges de l’église originelle du XIe siècle. Pour ceux qui souhaitent approfondir l’histoire, c’est une occasion précieuse.

L’intérieur a été modernisé, offrant des chambres spacieuses et confortables, allant des doubles standards aux junior suites. Envie de détente ? Un spa riche en équipements, incluant une piscine intérieure chauffée et un sauna, est à la disposition des hôtes.

Le restaurant propose une carte de cuisine asturienne modernisée, mettant en avant des produits frais et locaux. C’est un régal pour les papilles, à découvrir sans modération.

La tradition viticole de cette région remonte à la fondation du monastère. Les moines ont commencé à cultiver la vigne, perpétuant cet héritage jusqu’à la fin du XIXe siècle, où une attaque de phylloxéra a laissé les champs à l’abandon. En 2000, la Bodega Monasterio de Corias a vu le jour, redonnant vie à ces vignobles après des décennies de sommeil, et depuis 2008, des installations modernes permettent une élaboration plus raffinée de divers vins.

En somme, la visite de Cangas de Narcea est une belle plongée dans un patrimoine riche, alliant nature, histoire et gastronomie. Si jamais vous parvenez à vous y rendre, n’oubliez pas de lever votre verre à ce passé fascinant !

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