Pourquoi les fenêtres sont-elles vertes à Lanzarote et d’autres couleurs qui colorent le monde ?

Jade Manson

Color et histoire : la beauté des façades colorées en voyage

Il est fréquent que, lors de nos escapades, nous capturions des photos de fenêtres colorées en Lanzarote ou des portes azures en Grèce. Ces paysages nous rappellent souvent notre enfance ou nos vacances d’été passées dans des villages pittoresques. Mais, derrière ces chromatiques vives se cache un récit que beaucoup méconnaissent. Pourquoi ces teintes ? Quelle est la signification de chaque couleur ? Explorons ensemble quelques exemples illustrant la richesse de ces identités locales.

Le vert de César Manrique et les fenêtres de Lanzarote

Sur l’île de Lanzarote, le combo blanc et noir dans les paysages, ainsi que le blanc des maisons, provenaient à l’origine de la chaux et des cendres volcaniques. Les habitants peignaient leurs fenêtres et portes en vert, principalement parce qu’il s’agissait de la peinture la moins chère. Les marins, en revenant des mers, ajoutaient des teintes de bleu, fruits de la peinture de leurs embarcations. C’est ainsi que les villages côtiers se parent de ces nuances, témoins d’une histoire façonnée par la nécessité. L’empreinte de César Manrique, figure emblématique de l’île, célèbre cette esthétique, mais en s’unifiant, certains experts estiment que la diversité des identités de l’île s’estompent.

Il est intéressant de se rappeler qu’il y a quelques décennies, les pêcheurs optaient pour des teintes audacieuses comme le rouge ou le mauve, des restes de matériaux utilisés dans leurs barques. Cette évolution des couleurs souligne un dialogue constant entre tradition et modernité. À Lanzarote, la couleur emblématique, “le vert Lanzarote”, évoque parfois une uniformité qui laisse sur le côté des aspects plus audacieux de son passé.

Les maisons colorées de Villajoyosa (Alicante)

À quelques kilomètres de la célèbre station balnéaire Benidorm, la ville de Villajoyosa émerge avec ses façades éclatantes, témoignant d’une tradition riche. La couleur des maisons, selon certaines légendes, permettait aux pêcheurs de retrouver leur logement après de longues semaines en mer. D’autres versions attribuent cette palette à un souhait de protection contre le mauvais œil. Dans ce contexte, l’urbanisme joue un rôle clé : la ville a défini des règlements qui préservent son caractère unique en obligeant les bâtiments à revêtir des couleurs vives.

Cette volonté de conservation contribue à faire de Villajoyosa un BIC (Bien de Intérêt Culturel), renforçant son attrait touristique. Ces histoires, bien que jusqu’à présent perçues comme des anecdotes, témoignent d’une volonté collective de valoriser un héritage. Qui n’a jamais été charmé par une simple promenade le long d’un front de mer où chaque maison pourrait lui raconter son histoire, évoquant les batailles passées des marins ?

Voyager à travers ces traditions colorées nous rappelle que la couleur est bien plus qu’une simple esthétique. C’est un véritable reflet culturel, une manière de se rassembler autour d’identités partagées. Pour le voyageur, comprendre ces nuances, c’est aussi appréhender un espace et ses habitants sous un angle différent. Pourquoi ne pas se laisser tenter par une escapade à la découverte de ces façades colorées, en se questionnant sur les histoires qu’elles dissimulent ?

Laisser un commentaire