Sans téléphone en 1990, difficile d’accès et aujourd’hui seulement 6 habitants

Jade Manson

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Explorer San Esteban de Cuñaba, un havre de paix en pleine nature

Le 19 octobre 1990, un événement marquant a eu lieu à San Esteban de Cuñaba, un village pittoresque des Asturies. Les habitants, alors à peine un centaine, ont reçu le Prix du Village Exemplaire des Asturies. Ce prix a permis de mettre en lumière un endroit que le temps semblait avoir oublié. Aujourd’hui, trent cinq ans plus tard, San Esteban nous offre une fenêtre sur un mode de vie ancestral, bien loin de l’agitation moderne. Comment ce village minuscule, avec seulement six résidents recensés en 2024, a-t-il pu perdurer au fil des ans ?

Arriver à la fin du monde asturien

La route qui mène à ce village, depuis le gorge de La Hermida, est aussi étroite que sinueuse. Elle impose d’adopter un rythme paisible. Les dix kilomètres qui séparent Panes, la capitale de la Peñamellera Baja, de San Esteban paraissent être un véritable voyage. En serpentant le long du fleuve Deva, on atteint finalement une bifurcation proche d’un ancien hameau. Puis, l’arrivée à San Esteban donne l’impression d’être parvenu au bout d’un monde. D’un côté, un paysage verdoyant, de l’autre, un héritage architectural en parfaite harmonie avec la nature environnante.

En se garants sur le parking, les visiteurs sont accueillis par l’histoire d’un châtaignier, planté à la fin du 16ème siècle, qui a vu défiler des générations. Bien que ce géant ait disparu en 1994, son tronc a été conservé comme un hommage à toutes les âmes qui ont trouvé ombre et réconfort sous ses branches. Ce qui fait toute la beauté de cet endroit, c’est que, malgré sa petite taille, il regorge d’histoires à raconter.

Une résistance rurale touchante

Dans les années 1980, la situation à San Esteban était critique. En 1983, le village fut ravagé par des inondations dévastatrices. Mais les villageois, loin de se décourager, se sont unis pour restaurer leur habitat. Avec quatre millions d’euros issus du prix remporté, ils ont embelli leur rue principale. Cette résilience a fait de San Esteban un exemple de renouveau, souvent en restant fidèle à ses traditions.

À l’heure actuelle, la région est néanmoins encore marquée par la dépopulation. Au sein de la commune de Peñamellera Baja, la population a chuté de plus de 70 % en à peine un siècle. Les villages tels que Para, Cerebanes et San Esteban font face à des défis pour conserver leur identité et leur communauté. C’est un rêve pour les amateurs de nature et d’authenticité, mais un combat permanent pour les habitants restants.

Se dresse sur un rocher sous lequel elle s’accroche dans les pentes

Sentiers et montagnes à explorer

La reconnaissance comme village exemplaire a attiré des visiteurs en quête de paysages grandioses. Bien que les résidents soient rares, les randonneurs affluent pour admirer les panoramas offerts par cette région. Du mirador, une vue spectaculaire sur le massif d’Ándara et la Sierra del Cuera s’étale à perte de vue. C’est là que l’on prend conscience de la beauté sauvage des Asturies.

Pour les passionnés de randonnée, San Esteban est un point de départ idéal. Des sentiers tels que le PR AS-208 offrent des parcours à travers les collines et les prairies, préservant l’héritage de la transhumance. Qui n’a jamais rêvé de sillonner des chemins où l’écho des cloches des vaches résonne encore ? Ce refuge de tranquillité est un véritable retour à la nature.

En visitant cet endroit, on peut ressentir la résistance d’une communauté et l’essence d’un mode de vie en harmonie avec l’environnement. À San Esteban de Cuñaba, le temps semble suspendu, et chaque visite devient une invitation à découvrir des paysages époustouflants et une culture authentique.

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