Tourisme en danger : 20% des hébergeurs ne paient pas cette taxe essentielle – la communauté d’Amboise riposte

Laurie Spongerro

Amboise village, bridge and medieval castle. Loire Valley, France

Face à un manque à gagner estimé à plusieurs dizaines de milliers d’euros, l’office de tourisme du Val d’Amboise a décidé de durcir sa position concernant la collecte de la taxe de séjour. Cette mesure, qui touche directement les hébergeurs touristiques de la région, vise à rétablir l’équité entre professionnels et à financer les actions de promotion du territoire.

Une situation qui ne pouvait plus durer

La taxe de séjour, cette petite somme payée par les touristes lors de leur passage dans un hébergement, représente une ressource financière majeure pour les territoires touristiques. Dans le Val d’Amboise, terre de châteaux et d’histoire au cœur de la Touraine, cette contribution permet de financer les actions de promotion et d’accueil des visiteurs.

Pourtant, selon les estimations de l’office de tourisme, près de 20% des hébergeurs ne la collecteraient pas ou ne la reverseraient pas correctement aux autorités compétentes. Un manque à gagner qui pourrait atteindre entre 50 000 et 80 000 euros annuels pour le territoire.

« Nous avons longtemps misé sur la pédagogie et l’accompagnement, mais force est de constater que certains acteurs restent dans l’illégalité », explique Marie Lemarié, directrice de l’office de tourisme du Val d’Amboise. « Il ne s’agit pas seulement d’une question d’argent, mais aussi d’équité entre les professionnels qui jouent le jeu et ceux qui s’en affranchissent. »

Des mesures concrètes pour améliorer la collecte

Face à cette situation, l’office de tourisme a mis en place un plan d’action en plusieurs volets :

  • Création d’une cellule dédiée au contrôle des déclarations et à la détection des hébergements non déclarés
  • Mise en place d’un système de relances automatisées pour les retardataires
  • Organisation de sessions d’information pour les nouveaux hébergeurs
  • Collaboration renforcée avec les plateformes de réservation en ligne

L’objectif n’est pas tant de sanctionner que de régulariser une situation devenue problématique. D’ailleurs, la communauté de communes du Val d’Amboise a également décidé de durcir le ton en prévoyant des contrôles plus stricts et en n’excluant pas le recours aux sanctions prévues par la loi.

Avez-vous déjà remarqué cette petite ligne « taxe de séjour » sur vos factures d’hôtel ou de location saisonnière ? Cette contribution, souvent modeste pour le voyageur, représente un enjeu collectif majeur pour les territoires touristiques.

Une taxe méconnue mais essentielle

Instaurée en France dès 1910, la taxe de séjour reste méconnue du grand public. Son montant, qui varie selon le type d’hébergement et sa classification, oscille généralement entre 0,20€ et 4€ par nuitée et par personne dans le Val d’Amboise. Les enfants de moins de 18 ans en sont exonérés.

Le problème se pose particulièrement avec la montée en puissance des plateformes de location entre particuliers. Bien que des géants comme Airbnb collectent désormais directement la taxe, de nombreuses petites plateformes ou locations directes échappent encore au système.

« J’ai découvert l’existence de cette taxe lors d’un contrôle, je ne savais même pas que je devais la collecter », témoigne Philippe, propriétaire d’un gîte à Amboise depuis trois ans. Une situation qui illustre le manque d’information mais qui n’est plus acceptable pour les autorités locales.

Se dresse sur un rocher sous lequel elle s’accroche dans les pentes

Des retombées concrètes pour le territoire

La taxe de séjour n’est pas un impôt comme les autres. Elle est entièrement dédiée au développement touristique du territoire qui la collecte. Dans le Val d’Amboise, elle finance notamment :

  • L’entretien et l’amélioration des infrastructures touristiques
  • Les actions de promotion du territoire en France et à l’international
  • L’accueil des visiteurs et la qualité de l’information touristique
  • Le développement de nouveaux produits touristiques

En 2022, la taxe de séjour a rapporté environ 350 000 euros à la communauté de communes du Val d’Amboise. Un montant significatif, mais qui pourrait être bien supérieur si tous les hébergeurs jouaient le jeu.

La réaction des professionnels

Les professionnels qui respectent leurs obligations voient d’un bon œil ce durcissement. « C’est une question de concurrence loyale », affirme Sylvie Durand, propriétaire d’un hôtel 3 étoiles à Amboise. « Nous collectons scrupuleusement cette taxe auprès de nos clients, il est normal que tous les hébergeurs fassent de même. »

Du côté des plateformes, la situation évolue progressivement. Si les grands acteurs comme Booking ou Airbnb ont mis en place des systèmes automatisés de collecte, les plus petites structures peinent encore à s’adapter.

Je me souviens d’une conversation avec un propriétaire qui considérait la taxe de séjour comme « un détail administratif sans importance ». Cette vision est en train de changer, face à la détermination affichée par les collectivités.

Un enjeu qui dépasse le Val d’Amboise

La problématique de la collecte de la taxe de séjour n’est pas propre au Val d’Amboise. Partout en France, les territoires touristiques font face aux mêmes défis, avec des stratégies variables pour y répondre.

Certaines régions ont opté pour la mise en place de plateformes numériques facilitant les déclarations, d’autres pour des campagnes de communication massives, d’autres encore pour des contrôles systématiques.

L’approche du Val d’Amboise, qui combine pédagogie et fermeté, pourrait faire école dans d’autres territoires confrontés aux mêmes difficultés. D’autant que la région, avec ses châteaux emblématiques et son attrait touristique indéniable, se doit d’offrir des prestations à la hauteur de sa réputation.

Alors, si vous êtes hébergeur dans le Val d’Amboise ou si vous envisagez de le devenir, prenez les devants : renseignez-vous sur vos obligations en matière de taxe de séjour. L’office de tourisme propose des permanences dédiées et un accompagnement personnalisé pour vous aider dans vos démarches.

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