Le monastère d’Aragon creusé dans la roche, abritant un panthéon royal et servant de refuge au Saint Graal

Farid Zeroual

À la découverte d’un trésor monastique

Dans la province de Huesca, niché au cœur des Pyrénées aragonaises, se trouve un ensemble monastique d’une rare singularité. Ce lieu chargé d’histoire est littéralement creusé dans la roche, un véritable symbole du passé spirituel de la région. À l’origine refuge de moines érémites, il s’est transformé en un monastère bénédictin, qui a servi de dernier repos aux premiers rois d’Aragon et de Navarre. Fait remarquable, la tradition l’associe au Santo Grial, la fameuse relique sacrée aujourd’hui conservée dans la cathédrale de Valencia.

Acomodé entre la roche

Monastère de San Juan de la Pena

Le monastère de San Juan de la Peña se développe sous des formations rocheuses anciennes de 35 millions d’années. Perdu dans un épais bois de pins, il est à peine visible, dissimulé derrière une façade baroque qui marque l’entrée d’un des sites religieux les plus impressionnants d’Europe, excavé dans la roche. Suivre un sentier étroit qui semble mener à un « sous-sol » permet d’accéder à ce vieux monastère. Là, comme le nom l’indique, il est abrité sous une grande roche arrondie.

Une construction, érigée il y a mille ans, exploitait les fissures de la pierre pour créer oratoires, cellules de moines et un claustra romain. Sur les chapiteaux, on peut observer des scènes bibliques et des légendes anciennes. À ce propos, cela me rappelle l’importance de ces récits dans la culture locale.

Refuge de rois aragonais et du Santo Grial

San Juan de la Peña

À l’intérieur se trouve un panteón royal, abritant les restes des premiers rois aragonais, ainsi qu’une urne en verre contenant une réplique de la célèbre coupe de Calcedonia. Cette pièce de collection représente le Santo Grial, dont l’emplacement était caché ici durant des siècles avant d’être transféré à la cathédrale de Valence, après un détour par l’Aljafería de Saragosse.

En sortant des catacombes, le panorama sur les montagnes environnantes, le monte Cuculo et la Peña Oroel, se révèle enchanteur. À proximité, la ermita de la Virgen de la Cueva mérite également une visite. Cet oratoire rupestre utilise un cuveau taillé dans la roche vive comme baptistère. Son eau, qui perle lentement de la pierre, est réputée pour sa pureté.

Ce site est un véritable témoignage de l’architecture sacrée et de l’histoire fondatrice de la région. Pourquoi ne pas planifier une visite ? C’est non seulement un voyage dans le temps, mais aussi une invitation à savourer les richesses culturelles et naturelles de la France et de l’Espagne voisines.

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