Les vagues vertes perdent leur définition avec la distance

Laurie Spongerro

À la découverte de Mae Salong : entre thé et traditions

Mae Salong, un petit village niché dans les collines, fascine par son héritage culturel et sa production de thé exceptionnelle. Bien que son nom officiel soit Santikhiri, les visiteurs continuent d’employer son ancien nom. La grande majorité de ses habitants sont d’origine chinoise, provenant de la province du Yunnan, et tirent leurs revenus principalement de la culture du thé. Dans ce village pittoresque, il n’est pas rare de croiser des maisons ornées d’immenses auvents où les feuilles de thé sont étalées au soleil, des torréfacteurs en pleine activité, ainsi que de petites boutiques où ce précieux breuvage est vendu en vrac ou servi aux clients.

Un mar vert intense

Mae Salong

Dans ce cadre magnifique, la communication avec les travailleurs se déroule souvent par gestes, à cause des barrières linguistiques. Le caractère des habitants chinois, généralement plus réservé que celui des Thaïlandais, peut parfois donner l’impression d’une certaine froideur. Pourtant, l’atmosphère est emplie d’odeurs intenses, délicieuses. Même si certaines tâches sont mécanisées, une grande part du processus reste manuel, comme la délicate manipulation des feuilles, leur tri après le premier torréfaction, ou la vérification du degré d’humidité en les pressant entre les doigts.

À quelques kilomètres de Mae Salong, des champs de thé se dessinent. Depuis la route, on aperçoit la mer verte des plantations qui se perd dans l’horizon, toujours aussi vive. En bas du vallon, les silhouettes des paysannes, toutes parées de chapeaux colorés, s’affairent à cueillir les feuilles, leurs doigts agiles se mouvant avec soin, tels des artistes à l’œuvre.

Dents rouges du betel

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Parmi ces femmes, beaucoup appartiennent à l’ethnie Akha, reconnaissables à leurs sombreros ornés de bijoux en argent. Certaines se protègent du soleil à l’aide de petits parapluies, tandis que d’autres mastiquent du betel. Leurs dents, souvent teintées de rouge foncé, témoignent de cette habitude. Le betel, ou bai plu en thaï, possède des propriétés variées : il est à la fois cardiotoniques, astringents et digestifs. Sans oublier son léger effet narcotique qui aide à lutter contre la fatigue. Les femmes mélangent ces feuilles avec du calcaire et mastiquent avec soin.

Se dresse sur un rocher sous lequel elle s’accroche dans les pentes

Le fruit d’un complexe enchevêtrement

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De retour dans le village, un employé d’un torréfacteur me tend un paquet de feuilles fraîchement torréfiées. Il verse de l’eau bouillante dans une tasse en métal et me propose un thé, une délicatesse réservée aux travailleurs, symbole du dur labeur qui se cache derrière chaque gorgée. En savourant ce breuvage, je repense à la femme qui a pris plaisir à poser pour une photo, aux heures passées par les paysannes à cueillir ces feuilles, et à ceux qui transportent avec difficulté de lourds sacs de thé. Chaque tasse raconte une histoire : celle des femmes et des hommes de ce village, des rituels et des traditions qui perdurent malgré le temps.

Peut-être avez-vous déjà découvert de tels endroits, où chaque coin de rue est chargé d’histoire et où la culture s’entrelace avec le quotidien des habitants ? Ces petites perles méritent souvent d’être explorées, chacune avec ses propres coutumes et saveurs. Alors, qu’attendez-vous pour planifier votre prochaine aventure ?

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